Emile-René Ménard
(Paris 1862-1930 Paris)

Falaises de Varengeville et Chevaux Blancs

Signé en bas à droite : "E R Ménard",
huile sur toile,
53 x 74 cm

Prix sur demande

Provenance :
Collection particulière.

Vendu


 

Notice de l'oeuvre :

René Ménard se familiarise dès son enfance avec la peinture de Corot, Millet et des peintres de Barbizon. Son père, historien de l’art et directeur de la Gazette des Beaux-Arts, et son oncle, poète parnassien, lui transmettent une solide culture classique. Après une première expérience chez le décorateur Galand, puis dans l’atelier de Lehmann, il reçoit, dès 1880, les leçons de Baudry, Robert-Fleury et Bouguereau à l’Académie Julian. Il expose successivement au Salon des artistes français dès 1883, à la Société Nationale des Beaux-Arts, au Salon de la Sécession à Munich dès 1893, et enfin au Salon de la Libre Esthétique de Bruxelles en 1897. Entre 1898 et 1926, les nombreux voyages entrepris par Ménard dans le bassin méditerranéen, sources d’inspiration pour ses futures compositions, renforcent son goût pour la Grèce antique. Il se consacre alors à des thèmes lyriques ou pastoraux. Ménard reçoit des commandes de décors pour la Sorbonne, la faculté de Droit de Paris, l’Institut de Chimie et la Caisse d’Epargne de Marseille.

L’artiste, dont les nombreux paysages traduisent une quête d’idéal antique, puise ses sources chez Poussin, Claude Lorrain et Puvis de Chavannes. Son style évolue vers de vastes scènes de nature au fur et à mesure de sa carrière. Ses compositions sont peuplées de figures rêveuses (ill. 1) inspirées par la mythologie ou l'Antiquité mais représentent rarement un sujet déterminé.

Notre tableau peut être situé sur les falaises de Varengeville en Normandie, où le peintre s'est installé en 1911 jusqu'à la fin de sa vie. Cette vue des falaises a inspiré de nombreuses toiles à l'artiste dont une partie est exposée au Musée de Dieppe qui a bénéficié en 1968 d'un legs important de la femme de Ménard (ill. 2).
 


On retrouve dans ce tableau le goût de l'artiste pour les atmosphères changeantes, avec plusieurs temps au sein du même tableau. Les falaises sont surplombées par un gros nuage qui sépare les zones de lumière, et qui est caractéristique des paysages de Ménard pour qui le nuage incarne la nature mystérieuse (ill. 3). Comme l’affirme Jean Lorrain1 en 1896, « personne n’a mieux rendu l’aspect fantastique des nuées et de leur énormité croulante au dessus de la masse des forêts sombres et fraîches ou de la tristesse des flots blafards ».


Ménard a pour habitude de peindre des paysages intemporels dans des lieux indéterminés, ce qui donne un côté irréel à ses compositions. A l'inverse, notre tableau est facilement localisable par la présence d'un village sur la falaise au fond à droite qui ancre la scène dans le monde réel. Il garde néanmoins un côté mystique incarné par les chevaux blancs au premier plan. Ces chevaux blancs sont porteurs d'une riche iconographie. Dans la mythologie celte, ils sont le symbole d'appartenance à un autre monde, et sont l'intermédiaire entre l'humain et le divin dans la mythologie gréco-romaine. Ils peuvent également être assimilés à la figure de Pégase, qui symbolisait au XIXème siècle l'inspiration poétique et l'imagination.

Ambroise Duchemin


Bibliographie en rapport :
Jean-David Jumeau-Lafond, Les peintres de l’âme, Le symbolisme idéaliste en France, Ixelles, musée communal d’Ixelles, 1999, catalogue d’exposition, Paris, 1999.
Catherine Guillot, « la quête de l’Antiquité dans l’œuvre d’Emile-René Ménard (1862- 1930) », Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art Français, 2000, p. 311-336.

 


Hubert Duchemin
8, rue de Louvois - 75002 - PARIS
Tél: +33 (0)1 42 60 83 01
Email: hubert@hubertduchemin.com
copyright hubert duchemin 2013